Où en est la réforme de l’assurance-chômage en 2022 ?

Où en est la réforme de l’assurance-chômage en 2022 ?
Publié le 05/09/2022

Le gouvernement veut prolonger les règles de l’assurance-chômage actuelles jusqu’à fin 2023. À quoi faut-il s’attendre ? La réponse dans l’article.

Une nouvelle réforme de l’assurance-chômage

Le gouvernement souhaite négocier une nouvelle réforme de l’assurance-chômage. Le projet de loi sera présenté ce mercredi en Conseil des ministres.

Le prolongement des règles actuelles jusqu’à fin 2023 a pour but d’appliquer la réforme de 2019 (dont le Covid a retardé l’application à l’automne 2021).

Cette réforme durcit les conditions d’accès à l’allocation chômage pour les demandeurs d’emploi, notamment ceux qui alternent entre les périodes de travail et celles d’inactivité.

Les points majeurs du nouveau décret

  • Nouveau calcul de l’allocation ;
  • système de bonus-malus sur les contrats courts ;
  • augmentation du nombre d’heures requis pour bénéficier de l’assurance chômage ;
  • dégressivité de l’allocation au bout de 8 mois d’inactivité (pour les salariés qui bénéficiaient d’un salaire élevé) et de 6 mois quand le nombre d’actifs au chômage baisse.

La réforme prévoit l’ouverture du chômage aux travailleurs indépendants et aux salariés démissionnaires avec un projet de reconversion professionnelle.

Tout savoir sur le nouveau calcul de l’assurance-chômage.

Moduler les conditions de l’assurance chômage en fonction du marché du travail

Le gouvernement veut s’inspirer du Canada et propose de moduler les conditions de l’assurance chômage selon la situation du marché du travail.

Cette idée est soutenue par le patron du Medef qui réclame une baisse de l’indemnisation des chômeurs quand il y a de l’emploi.

Pour le patronat, une partie des difficultés de recrutement serait liée aux conditions d’indemnisation des demandeurs d’emploi. Il entend négocier pour arriver à des règles plus incitatives pour retrouver un emploi.

Lire aussi >> Emploi : les métiers qui recrutent le plus à la rentrée

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt résume ainsi : « Quand ça va bien, on durcit les règles, quand ça va mal, on les assouplit ».

De l’autre côté de la barrière, les syndicats dénoncent l’argument des difficultés de recrutement. Pour Laurent Berger (CFDT), le manque d’attractivité de certains emplois est lié aux conditions de travail et de rémunération.

Le gouvernement saisira les partenaires sociaux pour faire une demande de négociation d’un accord sur les critères de modulation de la réforme (ouverture des droits à l’assurance-chômage, durée d’indemnisation, dégressivité…).

Augmenter les salaires pour rendre les emplois plus attractifs

Le gouvernement a deux objectifs pour réformer l’assurance-chômage :

  • réguler l’allocation chômage en fonction de la situation économique ;
  • atteindre le plein-emploi.

En indemnisant moins les demandeurs d’emploi, le gouvernement espère améliorer la recherche d’emploi et les pousser à postuler pour retrouver un travail. Une idée qu’approuvent les syndicats patronaux et que réprouvent les syndicats des salariés.

Ces derniers demandent l’augmentation des salaires pour rendre les professions plus attractives. Les entreprises se défendent de l’avoir fait : +6 % d’augmentation de salaire par tête dans le privé depuis le début de l’année, selon Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef.

Les négociations commenceront très prochainement, à la suite du Conseil des ministres de ce mercredi.

Une solution : faciliter l’accès à la formation et simplifier les reconversions

La reconversion professionnelle est l’un des principaux leviers pour atteindre le plein-emploi et aider les salariés à changer de métier.

1 demandeur d’emploi sur 2 retrouve un métier dans un autre secteur que celui recherché, révèle une étude de Pôle Emploi.

Cela s’explique par les opportunités d’emploi plus présentes dans certains domaines d’activité, mais aussi par la transférabilité des compétences d’un secteur à un autre.

Les principaux métiers qui recrutent en ce moment sont :

  • les employés d’hôtellerie-restauration ;
  • les vendeurs et commerciaux ;
  • les agents d’entretien ;
  • les conducteurs de véhicule ;
  • les cuisiniers ;
  • les maraîchers et jardiniers ;
  • les ouvriers non qualifiés de manutention ;
  • les caissiers et employés de libre-service.

Améliorer l’accès à la formation professionnelle aiderait les demandeurs d’emploi à se reconvertir plus facilement dans un métier en tension.

Le gouvernement prévoit déjà une grande réforme de la VAE cette année.

Affaire à suivre, donc, pour ce qui est de la réforme de l’assurance-chômage en 2022.

Par Maelys Léon

La rédaction vous conseille

>> Emploi : le chômage est au plus bas depuis 2008
>> 10 conseils de coachs pour identifier vos talents
>> Emploi : les Français veulent du sens et de l’engagement

Ajouter
Partager Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Linkedin Partager par email S'abonner au flux RSS