L’artisanat, un secteur d’activité propice à la reconversion

L’artisanat, un secteur d’activité propice à la reconversion
Mis à jour le 31/05/2018 - Publié le 30/05/2018

L’artisanat n’attire pas seulement des cadres en quête de sens qui souhaitent se reconvertir : s’ils le pouvaient, 58 % des Français seraient prêts à travailler dans l’artisanat ! Entretien avec Catherine Elie, directrice des études et du développement économique de l'Institut Supérieur des Métiers (ISM).

catherine elie

Pourquoi quitter son emploi salarié pour créer une entreprise artisanale ?

Catherine Elie : D’abord en cas de rupture de vie professionnelle, lorsqu’on se retrouve demandeur d’emploi. C’est l’occasion de penser à une réorientation et quand les demandeurs d’emploi cadres réfléchissent à leur avenir, bien souvent ils envisagent de créer une entreprise. Et très souvent, c’est dans l’artisanat. Puisque l’artisanat, c’est environ une entreprise sur trois en France, ce qui représente une très grande diversité et variété de secteurs.

Le second aspect, c’est que créer ou diriger une petite entreprise est quelque chose qui plaît. Globalement un regain d’activité a été observé dans le secteur de l’artisanat, notamment dans les métiers de l’alimentation, de la boulangerie, la pâtisserie ou les métiers du bâtiment.

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Selon l’enquête sur la reconversion professionnelle menée par NouvelleViePro, la plupart des cadres veulent apprendre un nouveau métier et/ou changer de secteur d’activité afin principalement d’avoir une activité plus en phase avec leurs passions et quitter un environnement dans lequel ils ne se sentent pas épanouis.

A quoi tient ce regain d’activité ?

C’est un phénomène sociétal, probablement un contre-coup de la mondialisation. Les gens cherchent peut-être à se rassurer, à donner un sens à leur travail. De fait, dans le cadre d’une entreprise artisanale, on maîtrise complètement ce que l’on va faire : de la fabrication de produit, du début jusqu’à la fin, et cela donne donc un sens réel à une activité alors que quand on est un rouage dans une entreprise, le sens n’est pas toujours évident.

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Votre baromètre ISM-MAAF parle de « l’émergence d’une nouvelle forme d’emploi » dans l’artisanat. Notamment le micro-entrepreneuriat. Dans quels métiers de l’artisanat retrouve-t-on le plus cette forme d’emploi et pourquoi ?

On en retrouve absolument dans tous les métiers de l'artisanat. Ils sont plus rares dans l'alimentation, les boulangeries, les boucheries, l'hôtellerie-restauration. Pourquoi ? Parce que quand on veut être boulanger, il faut une boulangerie et ça coûte excessivement cher de s'installer. Le régime micro-entrepreneur n'est pas du tout adapté à ce type d'activité. Ce régime correspond mieux à des activités où l’on peut travailler tout seul avec très peu d'investissement, c'est-à-dire avec un faible besoin d'achat de matériel et d'équipements.

Typiquement, les activités de nettoyage dans les bureaux ne nécessitent pas un gros équipement, il faut du matériel mais ce n’est pas un investissement lourd. On trouve aussi beaucoup de micro-entrepreneurs dans les métiers de la photographie, dans tous les métiers d'art (céramiste, par exemple), mais aussi dans les métiers au domicile du client : coiffeur ou esthéticienne à domicile puisque là, on n’a pas besoin d'acheter un magasin ou une boutique et donc le régime micro-entrepreneur convient à ce type d'activité.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaiterait se lancer dans l’artisanat ?

De bien préparer son projet parce qu’il est aujourd'hui très facile de créer son entreprise. Surtout que si l’on s'inscrit en tant que micro-entrepreneur, on peut le faire rapidement sur Internet, et c'est tant mieux ! Par contre, l'effet pervers, c'est qu’on peut s'installer ou créer une entreprise sans avoir réfléchi à la façon dont on allait procéder pour créer une entreprise. Ce n’est pas un acte anodin, il faut penser à la manière dont on va trouver ses clients, comment on va gérer son activité.

Se former dans son métier est une des conditions principales de réussite. On a de bonnes chances de réussir en tant que chef d'entreprise si l’on est qualifié et qu'on connait bien son métier.

 Propos recueillis par Djiba Diallo

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