Charlotte, 22 ans, infirmière à domicile au temps du Covid-19

Charlotte, 22 ans, infirmière à domicile au temps du Covid-19
Publié le 09/04/2020

Charlotte, 22 ans, a décroché son diplôme d’infirmière en juillet 2019. Aujourd’hui elle exerce en tant qu’infirmière à domicile, en intérim, dans le 15e arrondissement de Paris. Auparavant, elle travaillait comme aide-soignante. Son expérience du métier d’infirmière à l’épreuve du Covid-19 n’entame pas sa motivation. Témoignage d’une jeune femme pleine de convictions.

« Être infirmière reste une véritable vocation »

 Charlotte, infirmière à domicile

Pour Charlotte, « ce n’est pas un métier facile, ni un métier qui rapporte de l’argent. En général c’est difficile. Le métier que j’ai choisi n’est pas forcément le plus simple mais un des plus beau ». 

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L’infirmière à domicile accompagne les patients dans les différents soins en se rendant chez eux. Ainsi Charlotte rend visite soit à des personnes âgées, soit à des personnes qui sont porteuses d’un handicap.

Ses missions ? Prodiguer les différents soins. Tout comme les aides-soignants, les infirmières ont « un rôle propre » en plus d’un « rôle médico-délégué » qui consiste à suivre les ordonnances et prescriptions du médecin (vaccins, injections…). 

« Après il y a de l’accompagnement de fin de vie, d’ailleurs j’ai une patiente qui vient de décéder aujourd’hui... Donc on a une relation +++ avec les familles, on les accompagne. »

Les infirmières à domicile gardent un œil sur le suivi du patient ; si leur état se dégrade ou qu’elles remarquent des besoins, elles préviennent l’ergothérapeute qui va adapter l’environnement pour le patient, « par exemple l’aménagement de la salle de bain, ajouter un poignet pour se lever, des choses comme ça ». 

Si les tournées de Charlotte changent fréquemment, elle retrouve souvent des patients qu’elle connait. Le 15e arrondissement de Paris est divisé en quartier Nord et quartier Sud afin de réduire les déplacements.

« Là je travaille pendant 3 semaines presque tous les jours à cause du Covid-19. »

Hormis une baisse des effectifs pour le domicile, « c’est plutôt l’organisation du bureau qui change : on a un circuit pour aller récupérer nos tournées, les clés, le matériel, on doit porter le masque dès l’entrée, quand on a fini avec les clés ont doit les mettre dans une boite pour être désinfectées après ».

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Des mesures de sécurité amplifiées avec cette crise sanitaire

« De base quand tout est ok, quand on va faire un soin chez un patient on a des gants, une surblouse et parfois des surchaussures mais c’est rare. Et là, depuis le Covid, pour tous les patients on a un masque qui normalement doit durer 3 heures max, mais, comme on n’en a pas assez, il dure toute la journée. »

Ce manque de masque rend le travail moins efficace au cours de la journée, mais Charlotte fait attention. Pas le choix, il faut s’adapter à ces conditions.

Des patients atteints du Covid-19, Charlotte pense en avoir deux

Ils n’ont pas fait les tests, mais ont les symptômes. « Pour les patients qui sont infectés ou s’il y a suspicion, on a un masque FFP2, une surblouse, un tablier, une charlotte, des lunettes, des gants, des surchaussures. On a un sac DASRI pour les déchets contagieux et on doit tout jeter avant de repartir. »

Aller chez ses patients qui sont atteints du virus lui fait peur

« Même protégée, je n’ai pas envie de ramener ça à ma famille. Il faut donc faire très attention. » Certains patients pourraient avoir le virus mais sans symptômes, les protections ne sont pas les mêmes et les précautions que Charlotte doit prendre la rendent « parano » : « Si une protection est mal mise, c’est une porte ouverte à la contamination. » Charlotte constate se laver (et dans le doute, se relaver), les mains « cent fois par jour ».

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Plus de précautions, donc, pour les patients mais aussi pour les infirmières pendant cette crise sanitaire. L’interview de cette jeune infirmière parlera sans doute aux personnes qui souhaitent évoluer ou se reconvertir dans le métier d’infirmier. Une véritable vocation, à l’instar des enseignants. D’ailleurs Cécilia était prof de français et elle a changé de métier ; elle est aujourd’hui infirmière à Ajaccio. Des ponts entre des métiers dits « essentiels ».

 Propos recueillis par Solène Fournier

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