Reconversion : quelles perspectives post-confinement ?

Reconversion : quelles perspectives post-confinement ?
Publié le 26/08/2020

La période du confinement a été pour beaucoup un moment d’introspection, un temps suspendu qui les a poussés à penser à une autre vie. Aujourd’hui, dans une France déconfinée, ces rêves de reconversion se heurtent à une réalité complexe. C’est une chose de vouloir changer de vie, c’en est une autre de sauter le pas quand l’économie vacille.

Confinement et quête de sens…

Le télétravail ou le chômage partiel ont apporté plus de temps à chacun d’entre nous : moins de transports mais aussi une impossibilité de sortir en soirée, dans les bars, les restaurants, au théâtre ou au cinéma. Résultat : chacun a eu davantage le temps de penser plus à soi et de remettre en question son mode de vie habituel. L’ampleur de la crise en a déstabilisé plus d’un. Et tout à coup, s’est posée la question du sens.

D’autant plus que la crise a placé sur le devant de la scène des métiers devenus essentiels : médecin, infirmier, aide-soignant, tous ces métiers qui placent la personne au cœur des préoccupations et recréent le lien entre les êtres, là où il manquait peut-être.

Cette tendance n’est pourtant pas nouvelle, ni propre à la France : selon une enquête du cabinet ADP, 46% des travailleurs européens rêvaient de reconversion avant le confinement et envisageaient de quitter leur entreprise dans les 5 ans. Mais le confinement a intensifié ces désirs de changement. Selon une étude YouGov pour Monster publiée mi-mai, 55% des Français se questionnent désormais sur le sens et l’utilité de leur travail.

Lire aussi >> Confinement : les Français actifs sur Mon Compte Formation

…dans une période de grande incertitude économique

Finalement, aujourd’hui, la crise sanitaire et économique est une réalité, et seule certitude : le retour à la normale n’est pas pour tout de suite. De nombreux secteurs sont ainsi en très grande difficulté.

Difficile d’affirmer donc, qu’on observera une vague de reconversions dans le monde post-confinement. En effet, il est admis statistiquement que durant les grandes périodes économiques difficiles, les reconversions volontaires ont tendance à diminuer.

Et ce, alors même qu’une reconversion n’est jamais chose aisée et que de nombreux obstacles se dressent sur la route de celui qui s’y attelle : la nécessité de disposer de ressources financières suffisantes grâce aux aides et dispositifs d’accompagnement. Il faut aussi pouvoir compter sur un réseau, ou savoir s’en constituer un rapidement. Enfin et surtout, trouver la bonne formation, et être prêt à reprendre le chemin des études, ce qui n’est pas une évidence pour tous.

Lire aussi >> PGM : devenez acteur de votre vie professionnelle
>> Ile-de-France : 230 millions d'euros pour la formation des demandeurs d'emploi en 2020

Vers de nécessaires évolutions professionnelles

Cependant une chose est certaine, le contexte a évolué brutalement et seuls certains secteurs vont désormais connaître un véritable essor : le secteur hospitalier et des aides à la personne, mais aussi le numérique qui va se développer encore davantage avec l’institutionnalisation du télétravail et aussi la formation. Car de très nombreuses personnes se trouvent confrontées à la nécessité de se réorienter dans un contexte économique en pleine évolution.

Ainsi, pour les secteurs les plus touchés, il y a déjà une quasi obligation d’organiser des plans de reconversion au sein des entreprises et aussi individuellement : c’est ce nouveau défi que beaucoup devront relever.

La rédaction vous conseille :
>
 Covid-19 : ces secteurs qui tirent leur épingle du jeu
> Une reconversion durable vers les métiers de l'informatique
> Quelle politique emploi et formation pour le gouvernement Castex ? 

Par Sylvia Renard

Ajouter
Partager Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Linkedin Partager par email S'abonner au flux RSS