Le dispositif démission-reconversion de A à Z

Après 25 ans de carrière dans le secteur de l’événementiel, dont 11 années passées chez son dernier employeur, Agnès connaît son métier sur le bout des doigts. Son travail lui plaît toujours autant, mais elle a besoin de lui donner un nouveau souffle. « Et si je créais mon entreprise ? » Voici la question qu’elle se pose à 50 ans, notamment en réponse au Covid. Elle prend conscience qu’elle souhaite se reconvertir pour exercer son métier dans de nouvelles conditions. Pour écrire puis lancer son projet, elle bénéficie du dispositif Démission reconversion et nous raconte de manière précise toutes les étapes !

Reconversion : le projet d’Agnès

Un parcours inattendu

Agnès fait des études d’économie puis se spécialise dans la gestion des industries du luxe. Finalement, sa carrière prendra une tout autre direction au fil des stages qu’elle réalise et des rencontres qu’elle y fait. Elle atterrit sur le terrain de l’événementiel, pour lequel elle travaille encore aujourd’hui, 25 ans plus tard. Durant ce temps, elle découvre différents métiers, organise divers types de salons. Son dernier poste est celui de Responsable des opérations au sein du groupe AEF, pour lequel elle a travaillé 11 ans. Durant ces onze années, le service s’est beaucoup développé et elle a pu acquérir de nombreuses compétences.

Pourquoi la reconversion ?

« En 11 ans, on fait le tour », Agnès nous explique que même si chaque événement est unique, les salons qu’elle organise sont récurrents. En 11 années, l’équipe a changé, le service est passé de 7 à 25 personnes, alors il faut s’adapter à de nouveaux mécanismes de travail. Et puis les deux années de covid, qui ont bien affaibli la cadence des salons, ont laissé du temps, beaucoup de temps à Agnès pour réfléchir. Elle a besoin de changement. Pas de changer de métier, car elle l’aime, mais les conditions de l’exercer. Alors elle se pose des questions, commence à s’informer, va voir du côté des bilans de compétences, des formations. Agnès se met en quête d’un véritable accompagnement pour l’aider dans son projet de reconversion.

Par où commencer ?

Pour confronter ses envies avec la réalité, Agnès choisit de prendre rendez-vous avec un Conseiller en évolution professionnelle (CEP). Cet accompagnement lui correspond mieux qu’un coach ou un bilan de compétences, car il se concentre uniquement sur le côté professionnel, sur les métiers et non sur la vie personnelle. En parallèle de ce rendez-vous, elle entend parler du dispositif démission-reconversion qui lui permettrait d’assurer sa sécurité financière le temps de sa reconversion. Agnès souligne l’importance de commencer cette démarche avant d’avoir démissionner pour bénéficier de cette aide financière.

À lire aussi :
> Devenir freelance, quel statut choisir ?  
> Devenir auto-entrepreneur : qui peut vous aider ?
> Démission, reconversion : 5 conditions pour bénéficier des allocations chômage 

Démission-reconversion : en pratique

Le CEP

Pour prendre un rendez-vous avec un CEP, rien de plus simple, rendez-vous sur mon-cep.org/ et trouvez un conseiller proche de chez vous pour un entretien réel ou à distance. Agnès rencontre son conseiller pour la première fois début avril, après avoir posé sa démission mais toujours en poste chez AEF Info.

Durant ce premier entretien qui dure entre 1h et 1h30, le conseiller s’assure qu’elle correspond aux critères d’éligibilité du programme démission-reconversion puis fait connaissance avec elle. Elle lui raconte son parcours, et répond à des questions auxquelles elle n’avait pas pensé. A l’issue de cet échange, Agnès doit compléter un document pour préciser son projet. Une sorte de guide. Un travail qui demande du temps et de l’investissement, car au total le processus compte entre 3 et 4 entretiens d’1h30 avec son conseiller et pour chaque appel, 2h de travail pour constituer son dossier.

Suite du processus : immersion

Dans le cas d’Agnès, elle et son conseiller s’accordent rapidement sur le projet d’une création d’entreprise. L’objectif de ce travail est de partir du général pour créer un projet le plus précis et détaillé possible. Agnès n’a pas besoin de se former car ses 25 années d’expériences lui offrent un large éventail de connaissances et compétences.

L’étape suivante consiste à rentrer en immersion avec son projet. Le conseiller lui demande des comptes-rendus d’entretiens précis avec différentes personnes qui ont monté leur entreprise. Agnès en réalise 4 dans des secteurs différents ce qui lui permet d’observer les difficultés qui lui remettent les pieds sur terre. C’est aussi le parfait moyen d’acquérir des conseils.

Enfin, pour monter son projet, Agnès doit établir son business plan, définir son nombre de clients, avec quel investissement allait-elle débuter, ses tarifs et tout un tas de choses très concrètes. « Il faut le faire de manière très consciencieuse, car ça sert vraiment comme base pour la suite. ». Il faut prendre le temps de construire un dossier le plus précis et concret possible car personne ne défendra votre projet devant le jury si ce n’est ce document pdf.

Projet accepté !

C’est l’organisme Transitions Pro qui analyse le projet et l’OPCO qui décide s’il s’agit d’un vrai projet de reconversion ou non. Ici encore, rien de compliqué, il suffit de créer un compte sur Transitions pro en partageant les pièces jointes requises. Au bout de deux mois, si le candidat ne reçoit pas de réponse, le projet est accepté. Le 17 juin, Agnès reçoit un email lui confirmant l’acceptation de son dossier avec le document officiel lui permettant de bénéficier du chômage.

Dernière étape : faire la demande de chômage auprès de pôle emploi et commencer sa nouvelle aventure ! Agnès a désormais 6 mois pour mettre en place son projet.

Pour Agnès, le dispositif démission-reconversion est très intéressant si l’on a déjà une idée de projet et que l’on sait que l’on veut réellement se reconvertir. « C’est différent d’un bilan de compétences ou d’un coach qui va te faire parler pour trouver tes priorités, moi ce que je veux, je le savais déjà : ne pas changer de métier, mais de conditions de l’exercer. »

À lire aussi :
> Combien gagnent les travailleurs indépendants ? 
> Initiative France : le réseau qui relance l'entrepreunariat 
> Grande démission : faut-il réinventer le monde du travail ? 

Les 4 grandes étapes du dispositif démission-reconversion à retenir :

1. Vérifiez que vous êtes éligible

  • Être en CDI
  • Justifier au moins 5 ans d’activité continue chez un ou plusieurs employeurs
  • Avoir un projet de reconversion bien préparé et reconnu comme sérieux

2. AVANT la démission, demandez un conseil en évolution professionnelle (CEP) pour élaborer votre projet

Le CEP est gratuit et permet d’étudier l’ensemble des solutions pour mener à bien votre projet, sans systématiquement avoir à démissionner.

3. Faites valider le caractère réel et sérieux de votre projet

  • Préparer un formulaire pour un projet de formation ou de création ou reprise d’entreprise
  • Envoyer le dossier à la commission de validation dans la région de votre lieu de résidence ou lieu de travail
  • La commission se prononcera sur le caractère sérieux ou non du projet dans un délai de 2 mois

4. Inscrivez-vous comme demandeur d’emploi dans les 6 mois qui suivent la validation.

La demande sera étudiée par Pôle emploi.

Rendez-vous sur notre dossier Devenir indépendant pour plus d'informations ! 

Ajouter
Partager