Rémy Genet, 33 ans : « J’ai préféré prendre le risque du vide plutôt que de la souffrance psychologique. »

Rémy Genet, 33 ans : « J’ai préféré prendre le risque du vide plutôt que de la souffrance psychologique. »

Avant, Rémy Genet était directeur d’avant-vente et travaillait plus de 70 heures par semaine. Aujourd’hui, il a tout plaqué pour vivre de sa plume et être écrivain à plein temps ! Découvrez son témoignage…

De directeur avant-vente à l’écriture

Lorsque vous prenez l’avion, vous passez nécessairement par des gates, des portiques sécurisés auxquels vous devez présenter votre billet. Dans son ancien métier de directeur d’avant-vente, Rémy Genet était chargé de rédiger et de négocier toutes les offres commerciales à travers le monde pour vendre ces gates.

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Cependant, l’industrie de la biométrie et de la sécurité est en constante ébullition et le rythme de travail y est effréné : « J’étais chargé de travail, plus de 70 heures par semaine ! »

Face à cette charge colossale, Rémy abdique et se rend compte qu’il ne peut continuer ainsi : « Le fait d’avoir une surcharge m’a fait réaliser qu’il fallait que je m’attende à être aussi peu heureux que je l’étais à cet instant. »

Mais comment trouver sa voie et prendre le virage de la reconversion professionnelle quand on a un poste confortable mais pour lequel on n’y trouve pas ou plus d’intérêt ?

« Le rythme effréné de mon ancien travail m’a permis de me rendre compte du fossé existant entre mes centres d’intérêt et mon activité. » Rémy Genet

Changer de voie pour devenir écrivain

L’écriture est une vieille amie de Rémy : « Je suis un littéraire dévoyé », dit-il. « Ce que j’ai toujours aimé dans l’enseignement, c’étaient l’écriture et la lecture. Ce sont des activités que j’avais laissées et qui sont revenues à ce moment-là. L’écriture ne m’a jamais vraiment quitté. »

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Alors qu’il est père au foyer, Rémy profite du temps qu’il a pour se reconnecter avec sa passion de toujours et écrit la trame de ce qui sera son premier roman. Ce revirement de situation ne s’est toutefois pas fait du jour au lendemain : « J’ai eu deux-trois mois de flottement et ensuite j’ai commencé par chercher ce qui me plaisait. Ce n’est pas un exercice facile quand on a fait beaucoup de choses par défaut. »

Pas de panique si vous êtes perdu ou si vous craignez de tout quitter pour vous lancer dans votre passion, la prise de risque est une peur très française, selon Rémy, et le seul risque est, au fond, celui « d’aller vers l’inconnu ».

Posez-vous d’ores et déjà la même question que Rémy : « Mentalement, physiquement, serai-je la même personne dans quelques années si je supporte ce fardeau ? »

Découvrez son roman : Dans le rouge

Dans le rouge roman« Du burn-out à la quête de sens : hallucinations et démission d’un cadre supérieur. » Retrouvez Antoine, jeune cadre dépassé par ses responsabilités et au bord du burn-out, qui tente de sortir la tête de l’eau !

Vivre de sa plume, une réalité plausible ?

Pour Rémy, l’objectif est désormais de faire de l’écriture une activité à temps plein et dans laquelle il pourra pleinement s’épanouir. Au-delà de l’écriture de son deuxième roman, il rédige des articles pour un magazine culturel de Lisbonne, ville dans laquelle il vit avec sa famille.

Les conseils de Rémy pour devenir écrivain

  • Commencer en se disant que ça va être difficile, il faut vraiment aimer écrire et aller jusqu’au bout. Il faut avant tout se faire plaisir.
  • Se concentrer sur ce qu’on a envie de transmettre et ne pas essayer de courir sur une tendance. Il ne faut pas chercher à plaire.
  • Partir du principe que les lecteurs ont raison et qu’il faut tout prendre de manière positive : il faut accepter les retours comme tels. Il ne faut pas essayer de justifier ou de convaincre. Il faut ravaler son ego d’auteur et laisser les gens s’exprimer parce que de toute façon ils ont tous quelque chose à dire !

Et, en parlant de lecteurs, Rémy confirme que le meilleur moment pour un auteur est sans nulle doute la rencontre avec ceux-ci : « C’est là qu’on partage vraiment avec les gens et c’est toujours très plaisant. »

Dans 10 ans, Rémy Genet se verrait bien plongé dans l’écriture de son cinquième roman et il aurait délaissé l’autopublication, très éreintante, pour une maison d’édition en qui il aurait confiance. Il vendrait également suffisamment de livres pour que sa famille puisse en vivre : « Je vivrais de mon écriture ! »

Les 3 livres à lire absolument selon Rémy

  • Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon, Jean-Paul Dubois ;
  • Propriété privée, Julia Deck ;
  • Révolution, Tome 1, Florent Grouazel et Younn Locard.

Alors, écrire, une réalité plausible ou pas, peu importe, tant que l’épanouissement est au rendez-vous et que chaque journée ne devienne pas aussi insupportable qu’elle pourrait l’être dans votre travail !

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Et pour résumer, que conclure de cette reconversion ? « Je choisis désormais les sujets que je souhaite traiter », écrit Rémy. « L’écriture et les enquêtes me passionnent. D’un point de vue économique, je gagnais très bien ma vie, ce n’est plus le cas mais je ne me sens pas pour autant « moins en sécurité » ; j’étais de toute façon sur une bombe à retardement. »

Donc avant d’exploser, choisissez la reconversion et faites-vous plaisir !

Propos recueillis par Maelys Léon

Des expériences de personnes qui ont changé de métier à la trentaine

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