Quête de sens au travail, faut-il forcément se reconvertir ?

Quête de sens au travail, faut-il forcément se reconvertir ?
Publié le 16/03/2021

La question du sens au travail s’impose comme un thème d’actualité, plus encore dans le contexte de cette crise sanitaire dans laquelle de nombreux actifs s’interrogent sur la suite de leur vie professionnelle.

Laurent Polet, Professeur en management à l’Ecole Centrale Supélec, et co fondateur de Primaveras, spécialisé dans l’accompagnement à la reconversion, témoigne de son expertise et apporte des repères pour aborder sa démarche de quête de sens.

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Pouvez-vous définir le sens au travail ?

Il n’existe pas de véritable définition, mais on peut distinguer 2 niveaux.

  • D’une part, le niveau des organisations qui s’intéressent à cette question sous l’angle du bien-être ou de l’ambiance, en termes d’environnement ou de modes de travail, mais aussi plus récemment sous l’angle de l’impact de leurs activités, notamment en réponse aux enjeux écologiques.
  • D’autre part, il y a le niveau des individus pour lesquels la question relève d’une sensibilité très personnelle, faite de valeurs, ou d’équilibre avec la vie personnelle. Et dans mes interventions, j’explique qu’il est illusoire de chercher une organisation qui proposerait une sorte de cadre ou de réponse idéale au sens au travail, car la quête de sens restera une démarche individuelle que doit mener chacun à son niveau.

Comment percevez-vous cette question de la quête de sens au niveau individuel ?

Je cite souvent l’exemple de ces personnes du secteur social qui sont en souffrance. Elles nous démontrent qu’exercer un métier pour une cause ne suffit pas à se sentir bien dans son travail.

La philosophie de Primaveras repose sur le constat que la quête de sens au travail est complexe et personnelle, et qu’elle mérite de développer un vrai discernement sur ses orientations professionnelles.

Ainsi, les métiers de la transition sociale et climatique attirent légitiment de plus en plus car les gens se rendent compte qu’ils veulent contribuer directement à ces défis. Mais cela exige pour ces projets professionnels de définir précisément dans quel contexte ils seront déployés et d’être capables de répondre à des questions telles que : avec quel environnement je veux interagir, quelles compétences je veux mobiliser, quelle culture d’entreprise me convient…  

Pensez-vous que ce soit un problème de "riche" ?

Ceux qui exercent des métiers ingrats ou éprouvants pourraient considérer que c’est un caprice. Mais je pense que le sujet concerne tout le monde, il devient un marqueur des mutations de notre monde du travail, et concerne également les questions de respect de la personne comme des conditions de travail décentes.

Pour les cadres, nous savons que la pression des résultats, les rythmes de travail intenses, ou le poids des process sont une réalité. Aussi, quand ces derniers ne comprennent plus leur utilité dans leur quotidien, se poser la question du sens de son travail n’est pas un luxe, mais devient vraiment une nécessité. Personnellement, je pense que c’est aussi un enjeu pour notre société.

La reconversion est-elle donc une réponse possible ?

Quand elle signifie de tout plaquer sur un coup de tête, elle présente un risque.

La reconversion n’est pas une fin en soi. Ce qui compte c’est de se poser les bonnes questions, d’être clair sur ce qu’on veut vraiment, pour prendre des décisions qui seront durables. Il est possible que la décision soit d’opérer une mobilité interne ou un repositionnement dans sa recherche d’emploi, sans faire le grand saut de la bifurcation radicale. Il serait donc dommage de changer de métier pour constater après un an qu’on s’est trompé !

Ce qui est certain, c’est que les études supérieures ne nous préparent pas à faire cette démarche, elles peuvent même nous enfermer dans une voie toute tracée par les diplômes. C’est ce qui a été le fondement de la mission de Primaveras, c’est-à-dire d’apprendre à piloter ces périodes de flou sur sa carrière ou de mal-être au travail pour faire les bons choix.

Quelle est la réponse apportée par Primaveras pour ces quêtes de sens ?

Depuis 2013, nous avons perfectionné une méthode d’accompagnement qui aide à définir ses motivations profondes et ses valeurs et permet de passer rapidement à l’action pour faire des choix professionnels solides et pérennes. Développer la capacité de discernement est au cœur de cette méthode, car la quête du plaisir au travail n’interdit pas la rigueur.

Nous proposons un programme certifiant, éligible au CPF, qui dure près de 5 mois, et qui comporte des journées d’ateliers collectifs en présentiel limités à 8 participants, du coaching individuel ainsi que des travaux personnels avec un tuteur attitré.

Grâce à une équipe fidèle et qui aime son métier, ce format pédagogique personnalisé et de proximité permet d’avancer en sérénité avec des résultats visibles, vers une reconversion ou pas ! Car, dans un contexte d’un monde professionnel de plus en plus incertain, notre mission consiste à profiter du besoin de faire le point ou de changer de voie pour développer un savoir-faire qui sera utile pour gérer la suite de sa vie professionnelle.

Quel conseil auriez-vous à donner dans cette période de crise où on parle beaucoup de sens au travail ?

La crise a en effet exacerbé la conscience des dérèglements de notre société comme elle a bousculé nos modes d’organisation avec le télétravail. Nous sommes tous affectés, et la quête de sens au travail est au cœur des interrogations.

Sauf environnement toxique, mon conseil est qu’il ne faut pas se précipiter, mais au contraire profiter de ce contexte pour mener une réflexion, s’informer, voire se faire accompagner.

Aujourd’hui, nos stagiaires qui rejoignent la communauté des anciens, sont issus de toutes les générations, de tous les secteurs, et de toutes les régions, signe que cette question du sens est devenue une étape incontournable de la carrière !

Primaveras en quelques chiffres …

Primaveras a été fondé en 2013 par 2 professeurs de l’Ecole Centrale Paris.
En 2021, c’est une équipe de 7 formateurs engagés, un rythme de sessions mensuelles avec des groupes de 8 participants, et une communauté d’entraide de 500 Alumni.
Pour faire connaissance, Primaveras propose un agenda hebdomadaire de visios d’information à distance animées par un des fondateurs.

Témoignage d’Adeline, Category Manager


« Le programme m’a permis d’élargir le champ des possibles, de changer ma manière d’aborder le marché du travail, pour me créer des opportunités dans le sens que je décide au lieu de le subir.

La compétence la plus importante développée par l’accompagnement Primaveras a été la faculté d’explorer des domaines nouveaux pour imaginer une vie professionnelle plus vaste qu’avant, et de mettre en place une méthodologie qui permet, quelle que soit le chemin que je choisis, de trouver les ressources pour y arriver ».

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