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Budget 2027 PLF et PLFSS : à quoi s’attendre ?

 11 MIN

À quoi s’attendre pour l’emploi, la formation professionnelle et la reconversion en 2027 ? Découvrez les propositions du gouvernement et les changements qui pourraient advenir concernant votre carrière et votre avenir professionnel.

Dernières actualités sur le budget 2027

  • La première partie du PLF est actuellement en débat à l’Assemblée ;
  • Le vote définitif du budget 2027 doit avoir lieu le 17 novembre.
  • Les débats ont commencé le mardi 13 octobre à l’Assemblée.
  • Le budget 2027 prévoit un gros effort global pour faire des économies et redresser les finances publiques afin de ramener le déficit à 5 % du PIB.

PLF et PLFSS : qu’est‑ce que c’est ?

Le PLF est le projet de loi de finances. Il s’agit du budget de l’État, qu’il doit réaliser chaque année pour planifier l’ensemble de ses ressources (recettes et dépenses) pour l’année civile à venir (2027). Il contient :

  • les crédits alloués à chaque ministère (Éducation nationale, Intérieur, Armées…) ;
  • les mesures fiscales (création, suppression ou modification d’impôts) ;
  • le niveau prévisionnel du déficit public et de la dette de l’État.

Le PLFSS est le projet de loi de finances de la Sécurité sociale. Son rôle est de fixer les objectifs de dépenses. Il concerne notamment :

  • les maladies (remboursement des soins, médicaments, hôpitaux…) ;
  • les retraites (pensions…) ;
  • les familles (allocations familiales, crèches…) ;
  • les accidents du travail et les maladies professionnelles.

Le projet contient un grand nombre de propositions. Concentrons-nous sur l’emploi, la formation, le travail et la reconversion professionnelle. Après un PLF et PLFSS 2026 houleux, le budget de 2027 s’annonce tout aussi périlleux en raison d’une absence de majorité parlementaire.

Budget 2027 : quel est le programme ?

Côté calendrier, le budget 2027 vient d’être publié (le 1er octobre 2026) par le gouvernement.

Du 12 au 19 octobre, les députés discutent en séance de la première partie du projet de loi de finances (PLF) qui repose sur l’équilibre budgétaire entre recettes et impôts. Le vote du PLF 2027 doit avoir lieu le 20 octobre.

Ensuite, du 20 au 26 octobre, les députés discutent du PLFSS 2027. Son vote doit avoir lieu le 27 octobre.

Il n’est pas rare que le budget soit rejeté dès le premier vote, entraînant des débats et des modifications, comme cela a été le cas en 2026, puisque la version définitive n’a été votée qu’en février 2026.

Du 27 octobre au 16 novembre, les dépenses de chaque ministère sont étudiées. L’ensemble du budget 2027 doit ensuite être voté le 17 novembre. À savoir que l’Assemblée nationale ET le Sénat doivent voter les textes.

PLF : à quoi s’attendre en 2027 pour l’emploi, la formation et la reconversion ?

Le projet de loi de finances 2027 réunit des propositions du gouvernement pour planifier les recettes et les dépenses. Les députés doivent examiner les propositions, puis le Sénat et voter ou amender le texte.

Une première discussion en séance publique a eu lieu le mardi 13 octobre, permettant aux députés de poser leurs questions au gouvernement.

Découvrez les changements qui pourraient advenir en 2027 côté travail et vie professionnelle.

Impôt sur le revenu : un barème revalorisé de 2,1  %

Le PLF 2027 propose une revalorisation de 2,1 % du barème de l’impôt sur le revenu pour tenir compte de l’inflation. L’objectif est d’éviter aux ménages de basculer dans une tranche d’imposition supérieure ou de faire payer un impôt dont vous étiez exonéré l’année dernière.

Plus simplement, si votre salaire a augmenté de 2,1 % cette année, vous payez les mêmes impôts qu’auparavant. Si votre salaire est resté le même, vous devriez payer un peu moins d’impôts. Et si vous étiez juste à la limite d’être imposable, votre situation ne devrait pas changer.

Retraites : un abattement de 10  % plafonné à 3.000 euros

Les pensions de retraite bénéficient actuellement d’un abattement de 10 % sur le calcul de l’impôt sur le revenu, dans la limite de 4.439 euros de plafond par foyer fiscal. Le gouvernement propose d’abaisser ce seuil à 3.000 euros.

Concrètement, les retraités aisés devraient payer un peu plus d’impôts sur le revenu.

Le 15 octobre 2026, les députés ont rejeté la proposition d’un abattement fiscal pour les retraites.

Prime d’activité : pas de revalorisation prévue en 2027

La prime d’activité est un complément de revenu pour les travailleurs modestes, qu’ils soient salariés ou travailleurs indépendants. Elle vise à améliorer le niveau de vie et encourager l’exercice ou la reprise d’une activité professionnelle.

En 2027, le PLF ne prévoit pas d’augmenter la prime d’activité qui prend en compte la composition du foyer et les ressources financières de chacun. Le montant de votre prime devrait donc rester identique, ce qui pourrait créer un déséquilibre par rapport à l’inflation.

Cette mesure concerne aussi les APL, mais pas le RSA et l’AAH.

Rupture de contrat : simplifier le versement des indemnités

Les indemnités de départ versées à la suite d’une rupture de contrat (rupture conventionnelle, licenciement) pourraient être plus taxées qu’auparavant. Les indemnités ordinaires, elles, restent 100 % exonérées d’impôt. Cela ne concerne donc que les grosses sommes.

Les indemnités de rupture du contrat de travail (hors démission) bénéficient actuellement de plafonds d’exonération fiscale pouvant aller jusqu’à 2 ou 6 fois le PASS selon le motif de départ et les montants conventionnels. Ainsi, les cadres très bien rémunérés ou les dirigeants qui quittaient une entreprise avec de très gros chèques de départ peuvent toucher une indemnisation élevée nette d’impôt.

Le PLF 2027 prévoit un plafond unique d’exonération d’impôt fixé au plafond annuel de la Sécurité sociale : 48.060 euros. Si votre indemnité dépasse ce montant, elle devient imposable. Cela ne concernait que 5 % des salariés les mieux rémunérés.

Une diminution de l’indemnité après un arrêt maladie ou un accident du travail

Les personnes en arrêt maladie ou victimes d’accidents du travail pourraient recevoir des indemnités au montant net légèrement inférieur à ce qu’ils perçoivent actuellement. Le gouvernement voudrait augmenter les impôts et les cotisations des indemnités journalières.

Par exemple, si vous êtes actuellement en Affection de Longue Durée (cancer, diabète sévère, etc.), les indemnités versées par la Sécurité sociale sont totalement exonérées d’impôt sur le revenu.

Avec cette mesure, 50 % du montant de ces indemnités pourrait être ajouté à votre revenu imposable. Vous paieriez donc un peu d’impôt dessus et percevrez moins en net.

L’exonération serait supprimée pour les personnes victimes d’accidents du travail ou les personnes ayant une maladie professionnelle (AT/MP). Les indemnités journalières seraient imposées à 100 %.

Une prime carburant renforcée

La prime carburant permet aux travailleurs « grands rouleurs » de percevoir une aide d’État versée par l’employeur pour compenser la hausse des coûts du carburant. Lancée en 2026, cette aide devrait perdurer en 2027. Elle est accessible sous conditions et concerne les personnes qui effectuent un trajet domicile-travail conséquent.

Une diminution des fonctionnaires

Le gouvernement souhaite baisser le nombre de fonctionnaires : 1.076 postes seraient dans le viseur. De même, le point d’indice qui permet de calculer une partie de leur rémunération serait gelé.

En contrepartie, certains ministères devraient recevoir un plus gros budget pour cette année, notamment :

  • le ministère des Armées ;
  • le ministère de l’Éducation nationale ;
  • le ministère de l’Intérieur.

Quels changements pour les entreprises ?

Le projet de loi de finances 2027 prévoit pour les entreprises et l’entrepreneuriat :

  • une aide d’urgence pour les victimes des incendies de l’été 2026 (TPE, PME) ;
  • un crédit d’impôt étendu pour l’industrie verte ;
  • un avantage fiscal pour les usines qui achètent des robots, de l’intelligence artificielle ou de l’impression 3D ;
  • un Pacte Papin pour faciliter le rachat d’entreprises par les salariés ;
  • une augmentation des taxes pour les grandes entreprises et les grands groupes.

Source : Ministère de l’Économie, PLF 2027, les principales mesures

PLFSS 2027 : à quoi s’attendre pour l’emploi ?

Le projet de loi de finances de la Sécurité sociale pour 2027 doit être examiné par les députés de l’Assemblée nationale. L’objectif annoncé du gouvernement est de réduire le déficit de la Sécu de moitié : 12,7 milliards d’euros contre 21,8 milliards à l’heure actuelle.

Découvrez ce que contient le PLFSS de 2027 et à quels changements vous attendre côté emploi et formation.

CPF : une participation financière majorée

Le compte personnel de formation est encore dans le viseur du PLFSS 2027. Le projet souhaite moduler la participation financière des titulaires d’un CPF en fonction du choix de la formation suivie.

Par exemple, vous pourriez payer plus cher le reste à charge lorsque la formation professionnelle ne bénéficie pas d’un cofinancement ou lorsqu’elle ne relève pas de certaines catégories. Ce serait notamment le cas de :

  • la VAE (validation des acquis de l’expérience) ;
  • le bilan de compétences ;
  • le projet de transition professionnelle (PTP ou CPF de transition).

Le montant de cette participation n’est pas déterminé par le PLF 2027 et doit être fixé par décret.

Retraites : gel partiel des pensions

Le PLFSS 2027 prévoit de sous-indexer ou de geler partiellement les pensions de retraite.

Pour les retraités qui perçoivent moins de 1.260 euros par mois, la revalorisation se poursuit normalement selon l’inflation. Pour les retraites entre 1.260 et 2.031 euros par mois, la revalorisation diminue à environ la moitié de l’inflation. Puis, pour les pensions supérieures à 2.034 euros, la revalorisation est complètement gelée.

Arrêts maladie : lutter contre le désengagement

Le gouvernement souhaite lutter contre un sentiment d’abandon ou de désinsertion des salariés. Pour tout arrêt maladie de plus de 30 jours, un dialogue entre le médecin traitant, le médecin du travail et le médecin-conseil serait encouragé.

Le but serait d’échanger des informations pour évaluer la situation professionnelle du salarié en arrêt, préparer son retour à l’emploi ou sa réorientation vers des mesures d’accompagnement, d’évolution professionnelle ou de formation continue.

La durée des arrêts de travail est plafonnée depuis le 1er septembre 2026. Le décret du 12 juin 2026 plafonne un arrêt maladie à 31 jours pour la première prescription et 62 jours pour chaque prolongation.

Monétisation des RTT

Le PLFSS 2027 prévoit de confirmer et d’étendre le dispositif permettant aux salariés de racheter tout ou une partie de leurs journées ou demi-journées de repos (réduction du temps de travail). Cela devrait se faire avec l’accord de l’employeur pour obtenir une majoration de salaire en échange de certains jours de RTT.

L’affaire reste à suivre, car les débats viennent de commencer.

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