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PLF et PLFSS 2026 : à quoi s’attendre pour l’emploi ?
Le projet de loi de finances (PLF) et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) poursuivent leur route. Plusieurs votes ont déjà eu lieu, laissant entrevoir les contours d’un budget pour l’année 2026. Quel impact sur la vie professionnelle et l’emploi ? C’est l’analyse que nous vous proposons.
L’actualité sur le budget de l’État et de la Sécurité sociale :
- 30 janvier 2026 : le PLF retourne à l’Assemblée pour une lecture définitive.
- 28 et 29 janvier 2026 : dernier examen du texte par le Sénat.
- 27 janvier : rejet des deux motions de censure sur la partie « dépenses » du budget.
- 23 janvier 2026 : les deux motions de censure sur la partie recette sont rejetées et le premier ministre utilise le 49.3 pour la partie dépenses.
- 20 janvier 2026 : le premier ministre utilise le 49.3 sur la partie recettes du budget.
- 19 janvier 2026 : le Premier ministre, Sébastien Lecornu confirme le recours au 49.3 pour adopter le PLF 2026 (source : Le Monde).
- 23 décembre 2025 : la loi spéciale est adoptée par les députés et les sénateurs.
- 19 décembre 2025 : la commission mixte paritaire entre députés et sénateurs n’a pas trouvé d’accord.
- 16 décembre 2025 : l’Assemblée à voter pour le PLFSS 2026 qui entrera donc en vigueur le premier janvier.
- 15 décembre 2025 : le Sénat approuve le PLF 2026
- 12 décembre 2025 : Le Sénat rejette le PLFSS 2026
- 9 décembre : L’Assemblée vote le PLFSS 2026
Budget 2026 : où en est‑on ?
Avant d’entrer dans les détails, faisons le point. Deux budgets devaient être votés d’ici le 31 décembre 2025 pour entrer en vigueur le 1er janvier 2026 :
- le projet de loi de finances (PLF) qui définit le budget de l’État (AVORTÉ faute d’accord > une loi spéciale est adoptée en attendant le report du vote en janvier 2026) ;
- le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) qui détermine le budget de la « Sécu » (VALIDÉ).
PLF 2026 : passage en force avec le 49.3
Le lundi 19 janvier a eu lieu le conseil des ministres. A son issu, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé vouloir recourir à l’article 49.3 de la constitution pour adopter le PLF 2026 (voir les détails plus bas).
Le projet de loi spéciale
La loi spéciale ne remplace pas le budget.
En revanche, elle permet, dans le cas où le budget ne serait pas voté, d’organiser la situation financière du pays jusqu’à l’adoption d’une loi de finances en 2026.
C’est donc une solution de secours : elle autorise la récole des impôts et des ressources publiques nécessaires au financement des dépenses publiques. C’est tout !
Cette loi spéciale a été adoptée le 23 décembre 2025 et est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Les débats avaient repris à l’Assemblée pour tenter de trouver un accord et de voter un budget pour l’année 2026.
Le 19 janvier 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu annonce recourir au 49.3 qu’il utilise effectivement les 20 et 23 janvier.
Le 49.3 permet au Premier ministre de faire adopter un projet de loi sans le vote de l’Assemblée nationale. Il engage la responsabilité de son gouvernement. Le texte est adopté si aucune motion de censure n’est votée, laquelle fait chuter le gouvernement.
Le PLF 2026
Cette loi de finances détermine les recettes (impôt sur le revenu, TVA, etc.) et les dépenses de l’État pour l’année à venir (2026). C’est lui qui détermine le montant des budgets alloués à certains ministères (Armée, Santé, Éducation…).
À l’heure actuelle, le PLF 2026 a été rejeté, la commission paritaire n’ayant pas trouvé d’accord pour la voter.
Le PLFSS 2026
Cette loi détermine le budget alloué à la Sécurité sociale : assurance maladie, retraite, famille et naissance, accidents du travail, etc. Elle fixe les dépenses et les recettes.
À l’heure actuelle, le PLFSS 2026 a été approuvé par l’Assemblée nationale après avoir été rejeté par le Sénat. Il entrera en vigueur le 1er janvier prochain.
PLFSS et emploi : à quoi s’attendre en 2026 ?
Venons-en au fait. Bien que les mesures concernant les finances 2026 restent vagues, en raison d’un vote difficile, à quoi pourrait-on s’attendre dans les prochains mois concernant le budget de la sécu ?
Plusieurs domaines sont impactés, notamment le monde du travail, de la formation professionnelle et même de la réorientation professionnelle !
Faisons le tour des changements de 2026, car le PLFSS a bien été adopté en 2025, contrairement au PLF.
Pour le PLFSS 2026 :
- suspension de la réforme des retraites ;
- nouveau congé de naissance pour les deux parents ;
- limitation de la durée des arrêts de travail ;
- allègement des cotisations patronales sur les heures supplémentaires.
Suspension de la réforme des retraites
La suspension de la réforme des retraites de 2023 a été au centre des débats du PLFSS 2026. Les députés l’ont votée pour un effet jusqu’en janvier 2028.
Cela signifie que la génération née avant 1964 peut partir à la retraite à 62 ans au lieu de 63 ans avec 170 trimestres au lieu de 171.
Le Sénat avait voté une motion de rejet du texte des députés, car ils refusaient certaines de propositions, notamment le « décalage d’une génération de la réforme des retraites de 2023 », la suppression du gel des retraites ou encore la création d’un malus sur les cotisations sociales des entreprises qui ne s’engagent pas assez pour l’emploi senior.
Nouveau congé de naissance
L’Assemblée a approuvé la création d’un nouveau congé de naissance. Ce dernier s’ajoute aux congés maternité (16 semaines) et paternité (28 jours) actuels. Ils permettent aux parents de prendre 2 mois de congé supplémentaires chacun.
Ce congé peut être fractionné en deux périodes d’un mois. Les parents continuent de percevoir une indemnisation de 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second.
L’objectif attendu est d’améliorer l’égalité entre les femmes et les hommes, tout en œuvrant pour l’amélioration de la démographie, en chute depuis quelques années.
Le congé de naissance, initialement prévu au 1er janvier 2026, est reporté au 1er juillet 2026. Les parents d’enfants nés entre janvier et juin 2026 pourront quand même prendre ce congé dès juillet.
Limitation de la durée des arrêts de travail
La durée des arrêts de travail sera limitée à 30 jours en 2026. Les travailleurs ne pourront pas dépasser un mois d’arrêt pour une première prescription médicale et deux mois pour chaque renouvellement.
Notez que les médecins pourraient tout de même déroger à la règle selon la situation de chaque patient. Le texte initial prévoyait de limiter la période d’arrêt du travail à 15 jours pour les prescriptions des médecins de ville et 30 jours pour celles d’hôpitaux.
Cette mesure est reportée au 1er septembre 2026.
Allègement des cotisations sur les heures supplémentaires
Les entreprises de 250 salariés et plus peuvent bénéficier d’une déduction forfaitaire de 1,5 euro de l’heure sur les heures supplémentaires (cotisations patronales).
En parallèle, le coût d’une rupture conventionnelle pour l’employeur passe de 30 à 40 %. L’effet pourrait être un durcissement de l’obtention de cette rupture pour les salariés. L’objectif est aussi de décourager les licenciements déguisés.
PLF, travail, reconversion, formation : les changements possibles pour 2026
Rappelons que le PLF 2026 n’a pas encore été approuvé. Le texte doit être relu par le Sénat ces 28 et 29 janvier avant de retourner à l’Assemblée pour une lecture finale.
De manière globale, voici ce que le texte du gouvernement propose et qui pourrait impacter votre vie professionnelle (et personnelle) en 2026.
Le PLF 2026 en bref !
- augmentation possible des impôts en 2026 ;
- le bilan de compétences reste finançable par le CPF ;
- pas de changement pour les seuils de franchise de la TVA pour les micro-entreprises ;
- diminution du budget pour l’insertion des demandeurs d’emploi ;
- suppression de postes d’enseignants ;
- augmentation de la prime d’activité.
L’impôt sur le revenu : revalorisation de 0,9 %
Le budget 2026 prévoyait un gel du barème de l’impôt sur le revenu. Ce dernier est normalement indexé sur l’inflation. Son gel aurait donc entraîné une augmentation mécanique du montant de l’impôt sur la totalité des ménages.
Dans le PLF 2026 passé avec le 49.3, un nouveau barème de l’impôt est proposé avec une revalorisation de 0,9 % indexé sur l’inflation de 2025. Concrètement, cela peut signifier une hausse de l’impôt sur le revenu en 2026.
Certains foyers fiscaux non imposables en particulier pourraient changer de tranche de barème et payer des impôts. Cela risque aussi de concerner certains retraités en raison du remplacement de l’abattement fiscal de 10 %.
Nouveau barème de l’impôt 2026 :
- 11.600 euros : 0 %
- de 11.061 à 29.579 euros : 11 %
- de 29.580 à 84.577 euros : 30 %
- de 84.578 à 181.917 euros : 41 %
- plus de 181.917 euros : 45 %.
Bon à savoir : le plafond de donation pour les associations passe à 2.000 euros au lieu de 1.000 euros.
Changement pour le compte personnel de formation (CPF)
Le compte personnel de formation (CPF) est un dispositif de financement de la formation pour adultes. Il permet à chacun de financer une formation certifiante inscrite au RNCP pour développer ses compétences professionnelles tout au long de sa carrière.
Le gouvernement a proposé quelques changements au niveau du CPF comme la suppression de l’éligibilité du bilan de compétences. Ce dernier permet de faire le point sur sa situation professionnelle pour déterminer ses compétences et aptitudes phares, notamment dans le cadre d’un projet de reconversion professionnelle.
Le Sénat a toutefois supprimé cette partie du PLF et l’usage de 49.3 mènerait à un plafond pour l’utilisation de vos droits CPF ! Le bilan de compétences resterait donc finançable en partie par le CPF en 2026. C’est une bonne nouvelle pour les centres de bilan, mais aussi pour vous qui cherchez des outils accessibles pour changer de voie professionnelle.
En bref :
- le PLF 2026 prévoirait un plafonnement des droits mobilisables pour certaines formations non certifiantes (décret à venir pour les montants) sauf pour CléA ;
- les actions de formation éligibles au RNCP ne seraient pas concernées ;
- l’utilisation du CPF pour financer le permis de conduire serait restreinte, sauf pour les demandeurs d’emploi et le cofinancement.
Le plafond envisagé par le gouvernement serait de 1.600 et 1.800 euros avec une exception à 1.900 euros pour le bilan de compétences. Ce qui signifie qu’au-delà de 1.900 euros, vous devrez payer de votre poche.
Franchise TVA pour les micro‑entrepreneurs
Un autre sujet du PLF 2026 concernait les seuils de franchise pour les auto-entrepreneurs. Si vous êtes indépendant, vous savez sans doute que passé un certain montant de votre chiffre d’affaires annuel, vous devez faire payer la TVA à vos clients.
Le gouvernement prévoyait d’instaurer une limite de 37.500 euros de CA pour les entrepreneurs individuels avant de devoir facturer la TVA à leurs clients, et ce, quelle que soit la nature de leur activité professionnelle.
Finalement, le Sénat a refusé cette proposition et maintient les seuils actuels de franchise de TVA pour les micro-entrepreneurs, c’est-à-dire :
- 37.500 euros de CA pour les prestations de service ;
- 85.000 euros de CA pour les activités et ventes de biens et de marchandises.
L’utilisation du 49.3 ne change rien à cette suppression.
A savoir : l’augmentation des cotisations sociales est toujours en vigueur en 2026. Elles passeront à 26,1 % du chiffre d’affaires en juillet 2026.
Suppression de 4.018 postes d’enseignants en 2026
Le Sénat a approuvé la suppression de 4.000 postes d’enseignants en 2026, une mesure incluse dans la proposition de budget de l’État et qui est validée par l’utilisation du 49.3.
Cela concerne 2.373 postes dans le premier degré et 1.645 postes dans le second degré.
Le gouvernement, notamment le ministre de l’Éducation nationale, justifie cette coupe par la baisse de la démographie qui réduit le nombre d’élèves dans les classes chaque année. Le nombre d’élèves serait en baisse de 8 %.
50 euros de plus pour la prime d’activité
Parmi les compromis trouvés pour adopter le budget, le gouvernement a annoncé la hausse de la prime d’activité. Cette aide permet de compléter vos revenus lorsque vous travaillez. Elle est versée aux revenus les plus modestes par la CAF (Caisse des allocations familiales), aux salariés comme aux travailleurs indépendants.
En 2026, si le PLF est adopté, la prime d’activité devrait augmenter de 50 euros par mois en moyenne.
Nous n’avons pas mis toutes les mesures proposées dans les textes du PLFSS et PLF 2026 pour nous concentrer sur les sujets de l’emploi, la formation, la reconversion et la vie professionnelle. Pour plus de détails :
- lire le projet de loi de finances 2026 sur le site Vie Publique
- lire le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026 sur le site de l’Assemblée nationale.