Les « Vrai / Faux » de la reconversion

Les « Vrai / Faux » de la reconversion
Mis à jour le 27/09/2021 - Publié le 25/09/2021

Si la reconversion est un sujet d’actualité largement évoqué durant ces derniers mois de crise, elle soulève des questions qui reviennent régulièrement chez les actifs qui aspirent à redonner du sens à leur travail.

Laurent Polet, Professeur en management à l’Ecole Centrale Supélec, et co fondateur de Primaveras, spécialisé dans l’accompagnement à la reconversion, répond à nos questions pour y voir plus clair sur les enjeux de la quête de sens au travail au travers de quelques « vrai ou faux ».

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1. Quand on parle de reconversion, on entend souvent que cela suppose de trouver le « job de ses rêves » : vrai ou faux ?

Faux. C’est même une bonne nouvelle de savoir qu’une reconversion ne nécessite pas d’avoir un « rêve » pour retrouver du sens au travail !

Pourquoi ? La raison tient aux études, voire à l’expérience de vie, qui permettent à chacun d’accumuler un large panel de compétences et de vécus, certes parfois sous estimés par les personnes elles-mêmes, et qui ouvrent un vaste champ des possibles en termes d’orientation professionnelle.

Nous savons par exemple que de nos jours les compétences ou les savoir-être dans le monde du travail sont communs à de multiples métiers, parfois très éloignés. L’enjeu d’une reconversion n’est donc pas de trouver presque par miracle un job de rêve ; l’enjeu consiste au contraire à choisir parmi de multiples options celles qui répondent le mieux à ses sources de motivation.

2. Il faut nécessairement suivre une formation pour réussir sa reconversion : vrai ou faux ?

Faux. La très grande majorité des personnes qui changent de voie ne suivent pas une formation pour exercer leur nouvelle activité. Ainsi, chez Primaveras, moins d’une personne sur dix s’engage véritablement dans une formation à l’issue de notre cursus. Dans ce cas, ce sera le plus souvent parce que le métier comporte l’obligation de présenter une certification pour être exercé.

La raison de cette faible proportion est la suivante : la reconversion ne signifie pas repartir de zéro. La plupart du temps, dans leur nouvelle orientation, les personnes en reconversion mobilisent des aptitudes ou des préférences qu’elles ont déjà acquises ou éprouvées. Naturellement, il existera toujours un besoin d’apprentissages complémentaires, mais ils ne nécessitent nullement de suivre une longue formation, certains peuvent s’acquérir « sur le tas », par la pratique, et c’est ce que nous encourageons.

3. On dit qu’une reconversion, ça prend du temps : vrai ou faux ?

Vrai. Il est mensonger en effet de prétendre qu’on peut changer de métier en 3 mois, voire même en une année. La meilleure preuve étant que nous sommes nombreux à avoir mis plusieurs années pour apprendre notre métier, du moins pour commencer à démarrer dans la vie professionnelle.

Je constate aujourd’hui que toutes les bifurcations professionnelles requièrent de la persévérance. Plus le changement sera radical, plus il faudra du temps pour atteindre la maîtrise de son nouveau métier. A l’inverse, cela ne veut pas dire qu’il faille attendre de longues années pour accomplir un changement de vie professionnelle. En vérité, il vaut même mieux parfois commencer par un premier repositionnement plutôt que de tout changer immédiatement sans prendre le temps d’une expérimentation réfléchie et solide.

4. Un dernier obstacle serait que la reconversion expose au risque de perte de revenus : vrai ou faux ?

Faux. Vous avez raison de pointer ce frein car il amène souvent de nombreuses personnes à se censurer dans leur intention de reconversion au seul motif qu’elle pourrait les amener à gagner moins. Mais cette idée est souvent fondée sur des croyances.

Face à cette question, j’aime d’abord répondre que pour ceux et celles qui sont en souffrance au travail, le critère financier peut ne pas être prioritaire, et que préserver sa santé, ou simplement sa motivation, pourrait valoir la peine de renoncer à certains avantages, ce qui est souvent vrai pour les cadres qui disposent de plus de flexibilité à ce niveau. Mais, dans la réalité, rien ne permet d’associer reconversion et prise de risque financier, j’observe même des situations dans lesquelles le confort global peut nettement s’améliorer, comme l’équilibre vie pro / vie perso, ou tout simplement le plaisir au travail !

5. Quelle est la réponse apportée par Primaveras à ceux qui hésitent à changer de voie pour redonner du sens au travail ?

Notre vision est la suivante : la reconversion n’est pas une fin en soi. Ce qui compte aujourd’hui, c’est d’apprendre à choisir ce qui vous convient le mieux, à un moment donné de votre vie professionnelle. Or, les études supérieures ne vous préparent pas du tout à cette adaptation professionnelle.

Alors, depuis 2013, nous avons perfectionné une méthode d’accompagnement qui aide à définir ses motivations profondes et ses valeurs, et permet de passer rapidement à l’action pour faire des choix professionnels solides et pérennes. Pour cela, il faut du temps et de la rigueur, c’est la raison pour laquelle notre cursus dure 6 mois, et comporte plusieurs modalités combinées avec un encadrement étroit pour garantir qu’à l’issue du programme, nos élèves seront autonomes pour la suite de leur carrière.

Concrètement, nous proposons un programme certifiant, éligible au CPF, qui alterne 8 journées d’ateliers en collectifs en présentiel, 4 séances de coaching individuel avec coach attitré, des travaux personnels avec un tuteur attitré, et 20 heures de formation sur les mutations du monde du travail (que j’ai le plaisir d’animer !). Enfin, dans un esprit « école » cher aux fondateurs, nous avons développé une association des anciens, afin de stimuler l’entre-aide précieuse dans toute étape de transition professionnelle.

Primaveras en quelques chiffres...

Primaveras a été fondé en 2013 par 2 professeurs de l’Ecole Centrale Paris.

En 2021, c’est une équipe de 7 formateurs engagés, un rythme de sessions mensuelles avec des groupes de 8 à 10 participants, et une communauté d’entraide de 500 Alumni.

Pour faire plus ample connaissance avec sa méthode et son identité, Primaveras propose un agenda hebdomadaire de visios d’information à distance animées par un des fondateurs.

Le témoignage de Sandra


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