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Devenir franchisé : mode d’emploi

Un tiers des Français aimeraient changer de vie en créant leur entreprise ou en se mettant à leur compte et parmi eux 48 % envisageraient de le faire en franchise.

Ce mode d’entrepreneuriat présente plusieurs avantages pour un porteur de projet peu enclin au risque et souhaitant démarrer rapidement son activité grâce à un concept clefs en main et une enseigne reconnue. Mais comme toute création d’entreprise, il convient de ne pas se lancer dans cette aventure à l’aveugle. Afin d’éviter tout écueil, voici la marche à suivre.

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Se poser les bonnes questions

Tout le monde n’a pas nécessairement le profil pour devenir franchisé. Déjà, il faut bien évidemment disposer des compétences inhérentes à tout chef d’entreprise car un franchisé est avant tout un indépendant.

Savoir gérer un centre de profit, s’organiser et anticiper sont des qualités primordiales

Dans certains cas, il est également fortement recommandé de posséder des compétences managériales. Pour rappel, huit franchisés sur dix emploient plus de deux salariés. Mais cela ne suffit pas : un franchisé est un entrepreneur en réseau. Il doit se conformer aux règles imposées par le franchiseur sans y déroger sous peine de dénaturer le concept et de nuire à l’image et à la réputation de la marque. Un franchisé doit donc partager cet « esprit réseau » qui fait l’ADN de la franchise et accepter de partager ses bonnes pratiques, de communiquer ses chiffres aux franchiseurs, etc.

Choisir la bonne enseigne

Une fois décidé pour la franchise, le candidat doit répondre à une question fondamentale : « Quelle enseigne choisir ? ». La franchise couvre près de 80 secteurs d’activité différents et recense 1 900 réseaux, le choix est donc vaste.

Il faut commencer par se demander dans quel domaine on souhaite exercer. Selon que l’on est motivé par une passion ou par des critères plus concrets comme la capacité d’investissement initial, le choix d’un secteur plutôt qu’un autre varie sensiblement. Ouvrir un restaurant, par exemple, représente généralement des centaines de milliers d’euros d’investissement, hors pas-de-porte, tandis qu’une agence de services à la personne peut exiger moins de 30 000 euros.

L’avantage, en franchise, c’est que tout ou presque est possible

Y compris pour les personnes qui ne connaissent absolument pas le secteur dans lequel elles souhaitent se lancer. Mis à part l’immobilier et le courtage en crédits, domaines où des certifications sont obligatoires pour avoir le droit d’exercer, tous les métiers sont accessibles facilement via la formation initiale dispensée par le franchiseur.

À la signature du contrat de franchise, le franchisé reçoit également le manuel opératoire du franchiseur dans lequel sont consignés tous les process et secrets de réussite du concept. Une véritable bible dans laquelle aller piocher toutes les réponses aux questions que tout nouveau franchisé peut se poser lorsqu’il démarre.

Mener ses propres recherches

Attention ! Si la franchise est généralement synonyme d’une certaine forme de sécurité car elle permet d’entreprendre en étant accompagné par un réseau, cela ne signifie pas pour autant que les risques d’échecs soient inexistants. Certains franchiseurs peu scrupuleux peuvent tenter d’encaisser des droits d’entrée sans assurer leur rôle de tête de réseau. Les litiges en ce sens sont d’ailleurs légion dans le monde de la franchise.

Avant de signer un contrat engageant le franchisé sur plusieurs années avec la même enseigne, une investigation est donc conseillée. Le candidat devra tout d’abord lire attentivement le document d’information précontractuelle (DIP) que le franchiseur est obligé de lui remettre au minimum vingt jours avant la signature du contrat. Ce document reprend toutes les informations utiles à la prise de décision du candidat, afin qu’ « il s’engage en toute connaissance de cause », stipule la loi Doubin (1989).

Il est également recommandé de s’entretenir avec les franchisés existants de l’enseigne, ainsi qu’avec ceux qui ont quitté le réseau dans l’année – leurs noms figurent dans le DIP. Rien de tel que de recueillir le témoignage de ceux qui partagent déjà le quotidien attendant le candidat s’il décide de s’engager. Mener sa propre étude de marché est aussi un moyen de tester la solvabilité du projet et permettra, ensuite, de défendre avec davantage de conviction le dossier devant les banques lors de la demande de financements.

S’entourer d’experts

Que ce soit pour lire le DIP, décrypter le contrat de franchise, construire un business plan réaliste ou trouver le bon emplacement pour le local commercial, l’appui d’experts tels que des avocats spécialisés et des experts-comptables se révèle souvent fondamental. D’ailleurs, 60 % des franchisés installés ont consulté un spécialiste lors de leur démarrage, et la plupart ont eu recours à un expert-comptable (46 %). Et pour une objectivité parfaite, s’adresser à un expert non recommandé par l’enseigne visée est conseillé.

Tous les chiffres de cet article proviennent de l’enquête annuelle de la franchise publiée en novembre 2016 par la Fédération française de la franchise, l’institut CSA et Banque Populaire.

 Par Jennifer Matas, journaliste aux Echos de la Franchise

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